De la transition énergétique au bâtiment responsable.

  • 21 novembre 2016
Batiment-responsable

Nous sommes dans un principe de production et de gestion d’énergie centralisé avec un maillage plus ou moins dense en fonction des gisements et de la nature des ressources.
Avec les énergies renouvelables, nous allons vers un mode de production délocalisé dans les territoires, les quartiers ou à l’échelle du bâtiment.
Le défi qui nous attend pour la décennie sera de réunir dans un quartier, des bâtiments qui sont acteurs/producteurs d’énergie et d’organiser la gestion des pics de production et les besoins de consommation.
Trois idées directrices s’imposent par :

Les règlementations de la construction
La législation transition énergétique et de la croissance verte
Les modifications sociétales de vies et d’usages des populations
(Longévité, accessibilité pour tous, urbanisation et ruralité).

Ces trois idées doivent être traitées au même niveau d’importance.
Souvent mises à l’index, la santé et le confort d’usage se retrouvent moins bien traités face à l’efficacité énergétique des bâtiments qui est mis très en avant dans les règlementations antérieures.
Le bâtiment responsable de demain ne sera pas uniquement sobre en énergie, mais aussi bien connecté à son territoire, soucieux de son empreinte carbone et sa faible utilisation de ressource primaire dans tout son cycle de vie, des modifications à sa destruction, se préoccupant de la santé et du confort des usagers et économique en exploitation.

Des moyens :

Energie positive – connectivité

Energies consommées Vs produites :

Il est nécessaire de continuer les progrès de réduction des consommations énergétiques des bâtiments et prendre en considération les autoconsommations et l’autoproduction des énergies renouvelables.

Il faut intégrer la notion d’énergie positive de la vie du bâtiment sans omettre l’énergie grise de construction et de déconstruction.

Gestion de l’énergie :

Evaluer les bâtiments en consommation et en puissance appelée sur les réseaux instantanément en y intégrant la possibilité des changements climatiques localement.
Développer la capacité d’autoconsommation tout en caractérisant les délestages de pics par du stockage, inertie des bâtiments et par pilotage des besoins.

La mise en place de SmartBuilding s’impose et permet de répondre à ces nécessités tout en amenant des services supplémentaires.

La connectivité des bâtiments :

Le développement de la connectivité des bâtiments avec les réseaux fluides, eau, gaz, électricité ou chaleur. Permettre une mutualisation de l’énergie entre eux tout en y intégrant la perspective de mobilité durable (transports doux), permettra d’avantager le bilan énergétique du bâtiment.

Tendre vers l’énergie positive à l’échelle du quartier permettra la mutualisation des énergies renouvelables grâce l’intelligence des bâtiments qui intégrerons les contextes locaux.

Cycle de vie du bâtiment – bilan carbone – biodiversité

Il devient primordial de tenir compte de la vie complète du bâtiment, notamment dans la prise en charge du bilan carbone, de la construction – déconstruction (énergie grise), l’économie circulaire (réduction des déchets, réemploi, ré-usage).
Lors de l’exploitation, piloter ou anticiper les usages et les consommations lorsque les énergies sont le moins carbonées grâce au stockage ou le pilotage des demandes énergétiques.
Permettre une meilleure gestion de l’eau que ce soit en qualité, réutilisation ou récupération calorifique.

La prise en compte temporelle du bilan carbone devient un paramètre déterminant pour son optimisation et améliorer l’allocation de la ressource énergétique.

Santé – confort

Le fait de rendre un bâtiment responsable touche le plan de la santé et du confort des usagers.
Avec l’amélioration de la qualité de l’air intérieur, la prévention et le contrôle doivent être permanents et tenir compte des débits, de l’humidité, de la condensation mais aussi des polluants internes.
Pour le confort, il faut tenir compte des changements climatiques pour l’été et l’hiver mais également des demi-saisons afin d’éviter les surconsommations dues au fonctionnement inoptimal des installations. Pour ça il est nécessaire de gérer plusieurs hypothèses de température de consigne (le confort dépend des individus et non d’une réglementation !)
L’enjeu de la gestion de l’eau est tout aussi important que celui de l’énergie. Il s’agit d’assurer une qualité sanitaire et de gérer son recyclage. Sur le plan énergétique la récupération des calories des eaux grises optimise la consommation de stockage de l’eau chaude.
La qualité lumineuse joue sur la qualité d’usage des locaux et le bien être des personnes. Sont à prendre en compte les risques photo biologiques des apports lumineux (lumière bleu des LED).
La gestion de l’acoustique par une approche plus humaine en tenant compte des évolutions d’usage (maintien à domicile, colocation, télétravail, espaces collaboratifs dans l’entreprise).
Cela nécessite d’avantage d’adaptabilité, d’ergonomie et de réversibilité des locaux et du bâtiment.

Le bâtiment responsable doit préserver la santé et le confort des occupants. Pour ça il faut remettre l’humain au centre de la conception et de l’exploitation adopter une démarche d’ergonomie tout en prenant en compte les mutations profondes des modes de vie et de travail, les risques sanitaires et psychosociaux.

Conclusion

Nos sociétés sont en évolution et les personnes ont des besoins de santé et de confort accrus, elles vivent, travaillent et se déplacent différemment. A la fois consomm’acteurs et producteurs.
Les bâtiments sont intelligents et deviennent sobres à vivre et à produire avec des bilans carbones s’améliorant.
La prise en charge de quartiers à énergies positives, les usagers pouvant choisir de minimiser leur empreinte énergétique par la gestion de leurs consommations en temps réel.
La notion de responsabilité et d’intelligence caractérise les dialogues entre les hommes et son environnement ainsi que l’usage du bâti dans son territoire.
L’innovation permet d’assurer les développements et les conditions économiques respectueuses de l’intérêt de l’utilisateur final, aussi la compétitivité de l’économie et de ses acteurs.

A travers les indicateurs du bâtiment responsable, libérons les énergies et l’innovation et nous prendrons conscience que ce n’est pas une option mais bel et bien une nécessité.

Source : Plan Bâtiment Durable

  • 21 novembre 2016